Fabienne Delhaye, créatrice et commissaire générale du Salon du made in France [Edition 2016]

Né en 2012 avec 80 exposants et 15 000 visiteurs, le MIF a bien grandi. Avec son cycle de conférences, notamment "TAFTA, CETA ou STOP OU ENCORE", cette 5ème édition, qui n'accueille pas moins de 450 exposants et attend 55 000 visiteurs, s'annonce riche en contenu pour les consommateurs en quête d'informations et d'échanges.
 

Univers Made in France : Fabienne Delahaye, militante ou mercantile ? Fabienne Delahaye : Je me suis réveillée un jour en réalisant que la France, pays riche de savoir-faire et de compétences en était arrivée à faire fabri- quer ailleurs ce que nos entreprises savent très bien faire ici. À reléguer la production de biens de consommation courants à des pays émergents pour se cantonner aux ser- vices, aux nouvelles technologies, à la santé... C’est oublier que ces pays ont considérablement investi dans les nouvelles technologies et la formation et n’auront bientôt plus besoin d’importer nos produits et services high-tech. Ne risque-t-on pas de tout perdre ? Je me suis demandé ce que je pouvais faire à mon humble niveau et j’ai créé le MIF, un salon annuel du Made in France qui fait la promotion d’entreprises qui font l’effort de produire sur le territoire.

Comment s’explique la réussite de ce Salon ?

Les Français ont pris conscience qu’en achetant made in France, ils favorisent l’em- ploi et participent à préserver l’environne- ment, leur santé et les savoir-faire français. Le sondage que nous avons fait réaliser par l’IFOP, en partenariat avec le Crédit Agricole révèle que 89 % des Français privilégient, à prix équivalent, un produit made in France. Plus surprenant encore, 72 % préfèrent acheter un produit made in France de marque inconnue plutôt qu’un produit de marque qui n’est pas fabriqué en France. Ces chiffres confirment que l’intérêt des

Français pour le made in France est une ten- dance de fond, pas un effet de mode.

Quel est le panier moyen sur le Salon, le volume d’achat ?

Ce qui est vraiment parlant c’est que 80 % des visiteurs achètent sur le salon. C’est énorme mais logique. À titre d’exemple, une brosse à dents Bioseptyl 100 % fabrication française est vendue au même prix qu’une brosse à dents importée alors que l’entre- prise maintient une quarantaine d’emplois en France et axe sa production sur l’éco- conception. Encore faut-il que le produit soit correctement distribué et c’est souvent une vraie problématique pour les fabricants français.

Quel message aimeriez-vous faire passer aux industriels qui ne sont pas présents sur un salon comme le MIF ?

L’argument récurrent évoqué par ces entre- prises est : « Je ne fais que des salons BtoB, je ne m’adresse pas au grand public ». Pourtant la plupart des entreprises qui ex- posent sur MIF Expo vendent également par l’intermédiaire de distributeurs sans y voir aucune contradiction. C’est au contraire l’occasion idéale de communiquer sur l’ori- gine made in France de leurs produits puisque le consommateur français est de plus en plus sensible à la thématique made in France et qu’au final c’est tout de même lui qui achète et donc qui décide ! Et puis le grand public a relativement peu d’occasions de rencontrer et questionner les fabricants

en direct. L’énorme succès qu’a connu Aigle l’année dernière en montant ses bottes de- vant un large public, témoigne du vif intérêt des Français à assister à des démonstra- tions de savoir-faire qui donnent du sens, une dimension émotionnelle à leur achat. C’est presque de l’achat romantique sur le MIF ! Mon objectif est de montrer que la France est riche de talents dans l’industrie, l’artisanat, la technologie, dans la TPE ou la plus grande entreprise, tout le monde a sa place sur le salon MIF qui demeure le plus grand événement consacré à la thématique du made in France.

Propos recueillis par LD, texte JB

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